Le Costco de la conférence…
20 novembre 2011
Au cours des derniers jours, j’ai eu la chance de participer à la conférence annuelle de l’American Anthropological Association, qui se tenait pour la première fois à Montréal –et non aux États-Unis. En tant que membre étudiante de l’association, je pouvais m’inscrire au congrès et assister à toutes les présentations possibles et inimaginables qui auraient lieu pendant ces cinq jours de nerditude anthropologique.
J’avais bien l’intention de tirer profit de cette première expérience : je me suis préparée à l’avance en parcourant laborieusement le programme en ligne. Pour vous donner une idée, la version papier est un livre de 633 pages. Bref, je n’assistais pas à une petite rencontre entre amis, mais bien à une sorte de Costco de la conférence, où on trouve de tout, pour tous les goûts. Je m’étais organisé un horaire complet dans lequel je me voyais en train de boire les paroles d’un grand nom de l’anthropologie à chaque minute de la journée. Nul besoin de vous dire que mon plan n’a pas tenu la route… La fatigue des dernières semaines m’a rattrapée, et après quelques heures d’écoute attentive chaque jour, j’ai plutôt profité des ateliers de réseautage, de gestion de carrière et de mentorat.
Ce congrès du AAA a tout de même été extrêmement bénéfique. J’ai eu la chance d’assister à des conférences variées, de rencontrer d’autres étudiants et professeurs intéressés par l’anthropologie de l’enfance, de discuter de méthodologie (oui oui, et c’était intéressant!) avec des collègues, et surtout de réaliser l’ampleur et la variété des possibilités qui s’offrent à moi une fois mon diplôme de maîtrise en poche.
J’ai déjà prévu poursuivre au doctorat en septembre prochain. Comme peu de professeurs se spécialisent dans mon domaine – les enfants de la rue- j’ai fait beaucoup de recherche depuis quelques mois pour trouver où enseignent ceux dont je lis les livres ou qui sont toujours cités dans les articles auxquels je me réfère pour ma thèse. La plupart d’entre eux sont dans des universités aux États-Unis ou au Royaume-Uni, alors quand j’ai vu qu’ils seraient présents au congrès, j’ai pris mon courage à deux mains et je les ai contactés par courriel, en leur présentant brièvement ce que je souhaiterais étudier au doctorat et en leur demandant s’ils accepteraient de me rencontrer lors de la conférence. À ma grande surprise, plusieurs ont accepté, et ces rencontres ont été les moments forts de ma participation au congrès.
Rencontrer en chair et en os des professeurs de renom, du moins dans mon domaine, est une expérience enivrante – et stressante. Je ne sais pas si, comme moi, vous avez tendance à idéaliser et pratiquement vénérer certains profs qui ont eu une influence marquante sur votre cheminement, mais leur serrer la main, leur poser des questions, converser avec eux en sentant leur intérêt sincère pour mon projet, et constater qu’ils sont eux aussi humains (et non les surhommes qu’on imagine quand on lit leur bouquin!) et font des blagues, est certes intimidant, mais tout simplement fascinant. C’est aussi rassurant de découvrir que peu importe l’université qui m’acceptera au doctorat, je serai heureuse de travailler avec l’un ou l’autre de ces chercheurs, et que ma carrière prend la direction que je désire vraiment lui donner.
Véronique






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